Comme chaque année, le CNHS et la Bibliothèque des Riches-Claires organisent le cycle de conférences « La science à la lumière de son histoire.
Ces conférences se dérouleront à la bibliothèque des Riches Claires, 24 rue des Riches Claires à 1000 Bruxelles, de 18h30 à 19h30.
Avec le soutien de la Commission communautaire française
Programme
Jeudi 26 février 2026
Mathématiques, architecture et astronomie à la cour de Savai Jai Singh II par Jean-Michel Delire (ULB)
La saison s’ouvrira avec Jean-Michel Delire (ULB), qui fera découvrir au public la figure fascinante de Savāī Jai Singh II, souverain indien du XVIIIᵉ siècle, passionné d’astronomie et de sciences. À travers son intervention, il retracera la création des observatoires monumentaux de Delhi et Jaipur, véritables laboratoires à ciel ouvert témoignant de l’ingéniosité scientifique de l’époque. Cette conférence promet un aperçu rare d’un patrimoine scientifique et architectural encore méconnu.

Jeudi 16 avril 2026
La fauconnerie entre Orient et Occident : échanges en Méditerranée (XIIe-XVe s.) par Baudouin Van den Abeele (UCLouvain)
Co-organisé par le Museum of International Falconry, Bruxelles.

(Metz, Bibl. Municipale, ms. 107, f. 32)
Entre l’Occident médiéval et l’Orient, il n’y eut pas que les Croisades et leurs affrontements répétés du XIe au XIIIe siècle. Des échanges de biens, d’hommes et d’animaux se poursuivirent de part et d’autre, et la fauconnerie en
est un exemple significatif. Quelques traités de chasse latins en portent témoignage, en particulier le « De arte venandi cum avibus » (Art de chasser avec les oiseaux) de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250). Le souverain fit aussi traduire un traité arabe en latin, qui circulera sous le nom de « Livre de Moamin ». L’Espagne de la Reconquista servit également de carrefour de traduction en ce domaine. Plus concrètement, un réseau de commerce de faucons se développa de part et d’autre de la Méditerranée, et les sultans mamelouks du Caire en furent des clients assidus. Ces échanges au long cours sont un des aspects méconnus d’une histoire connectée en Méditerranée.
Jeudi 21 mai 2026
Montre-moi ton squelette et je te dirai qui tu es. L’apport de l’anthropologie biologique à la connaissance des populations du passé par Caroline Polet (IRSNB)
À partir de données prélevées dans le monde des morts et en particulier sur le squelette, l’anthropologue arrive à restituer de nombreux aspects de la société des vivants.

Ainsi, certaines affections peuvent laisser leur signature sur les ossements et les dents. Parmi ces dernières, la tuberculose, la lèpre et la syphilis causent des modifications spécifiques qui se révèlent parfois très spectaculaires. Le squelette peut aussi porter les séquelles de traumatismes (fractures, luxations, blessures par armes) ou avoir été intentionnellement modifié dans un but thérapeutique (amputation, trépanation) ou esthétique (déformations crâniennes, mutilations dentaires). L’observation approfondie des pièces squelettiques et dentaires met parfois en évidence certaines habitudes courantes autrefois telles que l’utilisation d’un cure-dents, la pratique de l’équitation, la plongée en eau froide ou le fait de fumer la pipe.