12(1)

Parmi les jeux édités ultérieurement, figurent notamment :

Carl Philipp Emanuel Bach, Einfall einen doppelten Contrapunct in der Octve von sechs Tacten zu machen ohne die Regeln davon zu wissen, Berlin, 1754, 1778.

Pierre Hoegi, A tabular System whereby the Art of composing Minuets is made so easy that any Person, without the least Knowledge of Musick, may compose ten thousand, all different, and in the most pleasing and correct Manner, Londres (1770 ?).

Maximilian Stadler, Table pour composer des menuets et des trios à l’infinie ; avec deux dez à jouer, Paris, (1780 ?)

Michael Johann Friedrich Wiedeburg, Musikalisches Charten-Spiel ex G dur, Zurich, 1788.

Franz Joseph Haydn, Gioco filharmonico, 0 sia maniera facile per componere un infinito numero di minuetti e trio anche senza sapere il contrapunto, Naples, 1793.

Wolfgang Amadeus Mozart, Anleitung so viel Walzer man will mit Würfeln zu componiren ohne musikalisch zu seyn oder Composition zu wissen - Instruction pour composer autant de Walzer que l’on veut par le moyen de 2 Dèz sans s’entendre à la musique ou à la composition, Berlin (1793). Avec les mêmes tables numériques mais des modifications dans les mesures, Mozart publia son Anleitung so viel Walzer oder Schleifer mit zwei Würfeln zu componieren so viel man will ohne musikalisch zu seÿn, noch etwas von der Composition zu verstehen - Instruction pour composer autant de Walzer et de Schleifer que l’on veut par le moyen de 2 Des sans savoir la musique ou la composition, Berlin, Amsterdam (c. 1793).

Id., Anleitung so viel Engl. Contre-Dänze, mit zwei Würfeln zu componieren, so viel man will, ohne musikalisch zu seÿn, etwas von der Composition zu verstehen - Instruction pour composer autant de Contredances que l’on veut, par le moyen de 2 Dez, sans savoir la musique ou la composition, Amsterdam, s.d.

Friederich Göttlob Hayn, Anleitung mit Würfeln Anglaisen zu componieren, Dresde, 1798.

C.H. Fiedler, Musicalisches Wurfelspiel oder der unerschöpfliche Ecossaisen - Componist, Hambourg, 1801.

Antonio Calegari, Gioco pitagorico musical col quale potra ornuno, anco senza sapere di Musica, formarsi una seria quasi infinita di picciole Ariette e Duettini per tutti li Caractteri, Rondo, Preghiere, Polacche, Cori, ec., il tutto collaccompagnamento del Pianoforte 0 Arpa, 0 altri Strumenti, Venise, 1801, Padoue, 1802.

Id., L’art de composer la musique sans en connaître les éléments, Paris, 1802.

Id., Wie die Würfeln fallen ! Ein Scherz der Tonkunst, um mit drei Würfeln leicht Walzer zu setzen, Brunswick, 1802.

Anne Young, An introduction to Music (...) illustrated by musical Games and Apparatus and fully and familiarly explained, Edimbourg (c. 1803).

Giovanni Catrufo, Barème musical, ou l’art de composer la musique sans en connaître les principes, par J.A.S.C., Paris, 1811.

Le Componium portatif pour la guitare (Paris, c. 1828).

Non datés :
Ludwig Fischer, Musikalische würfelspiel oder Kunst, durch Würfel Kindern (- und auch Grossen !) leicht und auf angenehme Weise die Noten im Violin- und Bass- Schlüssel zu lehrenen, Weimar.

J.C. Graf, Musikspiel oder Tabelle, unzahlige Märsche für Pianoforte oder andere Instrumente mittlest Würfel zu erfinden, Mainz.

E.F. de Lange, Le toton harmonique ou nouveau jeu du hazard, Paris.

Pasquale Ricci, Au plus heureux jeux harmonique pour composer des minuets ou des contredances au sort d’un dex, s.l.n.d.

La paternité de Haydn, pour le Gioco filharmonico est contestée. Celle de Mozart l’est encore davantage, pour les jeux repris dans la liste ci-dessus et qui figurent dans le catalogue Koechel, sous les numéros K3 516f, Anh 294 et K3 Anh C 30.01 [11]. Sont-ils vraiment de la plume de Mozart ? L’hypothèse d’un prête-nom reste possible, mais à défaut de preuves, ces jeux continuent à être publiés sous son nom.

Sur le plan musical, le Componium de Winkel se base sur les mêmes principes de combinaisons et de permutations de cellules musicales. Tous ces jeux sont une manifestation de l’esprit rationnaliste du XVIIIe siècle.
La tendance de l’époque était de mettre les phénomènes sous forme d’équation pour les expliquer : une pratique encouragée par le développement des mathématiques et des sciences naturelles. Jacques Bernoulli (1654-1705) développa le calcul infinitésimal dont Leibniz venait de poser les bases, publia la première intégration d’une équation différentielle, donna une solution au problème des isopérimètres et en étendit les principes ainsi que les applications au calcul des probabilités. La société galante de l’époque prenait plaisir aux récréations mathématiques. Chacun des jeux musicaux évoqués ici, tout comme le Componium, est basé sur le principe des permutations et des combinaisons, c’est-à-dire l’« ars combinatoria » ou l’arrangement des matériaux selon le plus grand nombre de combinaisons possibles, tout en restant assujetti à certaines conditions auxquelles doivent satisfaire les résultats. Seule une musique simple et symétrique permet ce genre de traitement. Les traités du XVIIIe siècle montrent que l’art combinatoire, n’était pas seulement un divertissement, mais une méthode pour appréhender les règles de la composition musicale, voire une source d’inspiration mélodique. Fransesco Galeazzi (1758-1819), dans son Elementi teoricopractici di musica (Rome, 1791, p. 6) établit qu’en utilisant seulement huit notes de l’octave avec 3 valeurs de note, on pouvait écrire 620.448.401.733.239.439.360.000 mesures à temps différents. Appeler au secours du principe de l’Art combinatoire la plus ingénieuse des mécaniques, et l’on possède le secret du Componium.

[1Outre les ouvrages de base : A. W. J. G. ORD-HUME, Barrel Organ, South-Brunswick - New York, 1978 ; ID., Clockwork Music, New York, 1973 ; J.J.L. HASPELS, Automatic musical Instruments. Their Mechanics and their Music 1580-1820, Utrecht, 1987 ; H. JÜTTEMAN, Mechanische Musikinstrumente : Einführung in Technik und Geschichte, Frankfurt, 1987 ; on consultera également les ouvrages anciens : N. BOSTON, L.G. LANGWILL, Church and Chamber Barrel-Organs. Their Origins, Makers, Music and Location, Edimburg, 1967 ; A. BUCHNER, Mechanical music Instruments, Londres (1959) ; A. CHAPUIS, Histoire de la boîte à musique et de la musique mécanique, Lausanne, 1955 ; A. PROTZ, Mechanische Musikinstrumente, Kassel - Basel, 1957.

[2 A. W. J. G. ORD-HUME, Joseph Haydn and the mechanical Organ, Cardiff, 1982, p. 16-17.

[3 Panharmonicon est le nom qui fut donné à une série d’orchestrions automatiques de concert, notamment celui de Joseph J. Gurck (1809 ?), et ceux de Johann Nepomuc Maelzel (1806 et 1812-1813).

[4F.J. FETIS,Biographie universelle des musiciens, t. VIII, Paris 1865, p. 447.

[5V.-Ch. MAHILLON, Catalogue descriptif et analytique du Musée Instrumental du Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles, Bruxelles, 1880, rééd. anast., Bruxelles, 1978, t.I., p. 449-456, et en particulier p. 452.

[6L. RATNER, « Ars combinatorial » : Chance and Choice in Eighteenth century Music, dans Studies in Eighteenth-century Music : a Tribute to Karl Geiringer on his seventieth Birthday, Londres, 1970, p. 345.

[7Voir F.W. MARPURG, Kritische Einleitung in die Geschichte und Lehrsätze der alten und neuen Musik, Berlin, 1759, et du même : Anfangsgründe der theoretischen Musik, Leipzig, 1757 ; Hrn. d’Alembert systematische Einleitung, in die musicalische Setzkunst, nach den Lehrsätzen des Hrn. Rameau, Leipzig, 1757 ; Handbuch bey dem Generalbasse und der Composition mit zwey-drey-vier-fünf-sechs-seiben-acht und mehrern Stimmen, Berlin, 1755-1760 ; Abhandlung von der Fuge nach den Grundsätzen und Exempeln der besten deutschen und ausländischen Meister entworfen, Leipzig, 1806 ; Versuch über die musikalische Temperatur, Breslau, 1776.

[8Bibliothèque Royale Albert Ier. Bruxelles, Fonds Fétis, 6838.

[9L. RATNER, op. cit., p. 344.

[10Voir l’Avertissement publié en tête de l’ouvrage. Rien de surprenant à ce que le musicologue Charles Burney accusa Kirnberger d’être « more ambitious of the caracter of an algebraist, than a musician of genius » (Ch. BURNEY, The present State of Music in Germany, the Netherlands, and the United Provinces, t. II, Londres, 1775, p. 213).

[11Sur les jeux de dés de Mozart, voir O. E. DEUTSCH, Mit Würfel Komponieren, dans Zeitschrift für Musikwissenschaft, t. XII /9-10, juin-juillet 1930, p. 595 ; P. LÖWENSTEIN, Mozart Kuriosa, dans Ibid., t. XII /6, mars 1930, p. 342-346 ; H. GERIGH, Würfelmusik, dans Ibid., t. XVI, 1934, p. 359-sv ; H. SCHERCHEN, Mozarts Anleitung ..., dans Gravesaner Blättern, 4, mai 1956, p. 3-18.

[12Sur le metronome, ses perfectionnements et son usage, voir principalement : J.T. HARRISON, A New Metronome, dans Proceedings of the Musical Association, t. XX/4, 1893, p. 23-sv ; Z. DRECHSEL, Geschichte des Taktmessers, dans Zeitschrift für Instrumentenbau, t. XLVI, 1926, p. 948 ; R. E. M. HARDING,The Metronome and its Precursors. Origins of Musical Time and Expression, Londres, 1938 : W. GEORGI,Das Metronom als Freund, dans Klavierspielerbüchlein, Zurich, Freibourg,1953 ; F. GOEBELS, Von sinnvollen Gebrauch des Metronoms, dans Musik und Unterricht, t. XLIX,1958, p. 5-sv. ; et sur les metronomes de Maelzel en particulier : Allgemeine Musikalische Zeitung, t. XIX/25, 18 juin 1817, col. 417-422 ; The Quarterly musical Magazine and Review, Londres, t. III, 1821, p. 302 ; t. VI,1824, p. 31-33 ; Revue musicale, Ire série, t. II, Paris,1828, p. 361-364 ; The Harmonicon, t. XI, Londres, mai 1833, p. 96-97.

[13J. de Vos Willems à D. N. Winkel, Amsterdam, 17 novembre 1819, dans RIJKSARCHIEF NOORD-HOLLAND, Koninklijk Nederlandsch Instituut, 4e Klasse, Minuut uitgaande brief, I, 353.

[14Voir notamment A.W.J.G. ORD-HUME, Barrel Organ, Sout-Brunswick - New York, 1978.

[15F.J. FETIS, Biographie universelle..., t. V, p. 397.

[16Que l’on songe, par exemple, aux travaux sur les engrenages à profil cycloïdal de Philippe de La Hire (1640-1718) contenus dans son Traité des épicycloïdes et leur usage en mécanique (1694), suivi du Traité de mécanique (1695), où l’utilisation des courbes cycloïdes pour tracer le profil des dents est longuement étudiée ; que l’on songe encore au mémoire présenté quarante ans plus tard, en 1733, par le géomètre Camus (1672-après 1732), à l’Académie des Sciences, « Sur la figure des dents des roues et des ailes de pignons », inséré en 1766 dans son Cours de mathématique ; ou mieux encore aux travaux théoriques de Léonard Euler (1707-1783), entre 1754 et 1765. Voir à ce sujet M. DAUMAS, A. GARANGER, Les premières étapes du machinisme, dans Histoire générale des Techniques, pub. sous la dir. de M. DAUMAS, t. II, Paris, 1965. p. 285-288.

[17A. THIOUT, Traité de l’horlogerie, Paris, 1747.

[18J.-A. LE PAUTE, Traité d’horlogerie, Paris, 1755 et 1767.

[19F. BERTHOUD, Essai sur l’horlogerie, dans lequel on traite de cet art relativement à l’usage civil, à l’astronomie et à la navigation, Paris, 1763, 1786. Berthoud est encore l’auteur de plusieurs ouvrages sur le problème des longitudes et des chronomètres de marine. Voir E. VON BASSERMANN-JORDAN, Montres, horloges et pendules, trad. de l’Allemand par R. WALTER, éd. rev. Et cor. par H. VON BERTELLE, Paris, 1964, passim et notament p. 502).

[20Encyclopédie méthodique. Arts et métiers mécaniques, t. IV, Paris (Panckouke), Liège (Plomteux), 1785, p. 85-90, et Dom F. DEDOS de CELLES, L’art du facteur d’orgues, 4è partie, Paris, 1778, p. 563-634.

[21Ibid., p. 578 et pl. XVIX.

[22SAVERIEN, Histoire des progrès de l’esprit humain dans les sciences exactes et dans les arts qui en dépendent, Paris, 1766, p. 311-315.

[23P. M. HAMEL,Nouveau manuel complet du facteur d’orgues, t. I., Paris, 1849, p. LXV-LXVI.

[24J.E. ROBERT-HOUDIN, Confidences et révélations. Comment on devient sorcier, Blois, 1868, p. 174-177.

[25Sur les machines dans la philosophie, voir O. MAYR, Philosophers and Machines, New York, 1976 (C.R. de E.T. LAYTON, dans Technology and Culture, t. XVIII/1, janv. 1977, p. 89-91). Le problème des implications philosophiques des multiples aspects de la technologie a fait l’objet d’une recherche bibliographique rétrospective par C. MITCHAM et R. MACKEY, dans Ibid., t. XIV/2, 2e partie, avril 1973, ce dernier ouvrage ne contient hélas aucun index.

[26C’est chez Nicolas d’Oresme (c. 1325-1382) que se trouve pour la première fois l’idée que l’univers est une immense horloge fabriquée par un Dieu horloger ; cette métaphore deviendra célèbre et sera reprise souvent (cf. A. UNGERER, Les horloges astronomiques et monumentales depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, Strasbourg, 1931).

[27Voir notamment R. DESCARTES, Traité de l’homme, dans Œuvres et Lettres de Descartes, Bibliothèque de la Pléiade, 1953, p. 805-873. L’horloge sert chez Descartes à exhiber un modèle cosmologique.

[28M. MERSENNE,Harmonie universelle, Paris, 1636, rééd. fascim, Paris, 1965, t. Il, p. 159.160.

[29W. HARVEY, Exercitatio anatomica... de motu cordis et sanguinis in animalibus, Amsterdam, 1628.

[30C’est, semble-t-il, avec le médecin padouan Santorio Santorio que l’intelligibilité mécanique investit le cadre de la médecine. Avec Borelli (1608-1679) et son disciple Bellini, l’iatromécanisme se systématise contre la théorie des humeurs. Ce mouvement aboutit à l’ambitieuse synthèse de Boerhaave (1668-1738) et atteint sa maturité expérimentale dans ses Institutiones medicae (1707) et ses Aphorismi de cognoscendis et curandis morbis (1708).

[31E. JACOTOT, Enseignement universel. Musique, Paris, 1829, p. 264-274.



















info visites 174201

     COCOF
                      Avec le soutien de la Commission
                           communautaire française