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RECENSIONES

Jean-Claude DOUSSET
éd. (1985)

Histoire des médicaments des origines à nos jours.
Bibliothèque scientifique, Payot, 106, bd. St. Germain, Paris, 405 p.

Consacré en priorité aux acquisitions récentes de la pharmacie, cet
ouvrage s’adresse plus au praticien qu’à l’historien. La chimiothérapie rendue possible grâce au développement extraordinaire des sciences chimiques au cours des 3 derniers siècles y occupe en effet une place privilégiée.

Les pratiques médicamenteuses anciennes n’ont cependant pas été
négligées. Les apports mésopotamien et égyptien sont mis en exergue. L’auteur commente notamment la tablette de Nippour (vers 2000 avant notre ère) et le papyrus Ebers (1553-1550 avant notre ère), ancêtres de nos modernes pharmacopées. De même la contribution des Grecs fait l’objet d’une analyse approfondie. C’est à eux qu’on doit d’avoir abordé l’art de guérir de façon rationaliste et inauguré la méthode expérimentale, retrouvée par Claude Bernard au XIXème siècle. L’auteur souligne également le rôle fondamental joué par les Arabes, légataires de la pensée antique. Ceux-ci érigèrent la pharmacie, pendant longtemps confondue avec la médecine, en une science autonome. Ils créèrent de nouvelles formes pharmaceutiques grâce à un usage généralisé du sucre de canne, dont ils furent les promoteurs. Aux traditionnels électuaires et tisanes ils ajoutèrent des drogues plus épaisses telles que les sirops, les loochs, les robs, les juleps. Ils mirent au point la technique de la distillation et obtinrent avec elle les premières essences, les premières teintures. En faisant progresser l’alchimie, les Arabes préparèrent enfin le terrain à la chimiothérapie.

Un de ses plus fervents adeptes en Europe fut Paracelse, pour lequel J.C.
Dousset témoigne une admiration justifiée. Créateur de la iatrochimie, le célèbre médecin suisse axa ses soins autour des deux éléments-pivot de l’opération alchimique : l’antimoine et le mercure. Tandis que le premier réapparaît aujourd’hui dans le traitement du SIDA, le second continuera d’être utilisé contre la syphilis jusqu’après la 2e guerre mondiale.

Au XVIIIème siècle éclata une véritable révolution de la chimie, qui
conduisit à la découverte de la molécule et à la création artificielle de substances nouvelles. L’auteur, qu’on sent ici dans son élément, les examine unes à unes : les alcaloïdes, les acides, les vitamines, les antibiotiques, les sulfamides, les hormones, les enzymes, etc.

Devant ce flot de produits sans cesse plus efficaces, on comprend et
partage l’enthousiasme de l’auteur. Mais toute médaille a son revers. Plus
grande est la force du médicament à combattre le mal, plus important le risque de sa nocivité sur les parties saines de l’organisme, autrement dit son aptitude à entraîner des effets secondaires, à provoquer des maladies iatrogènes. Sans parler de l’accoutumance à certaines drogues, dont il faut sans cesse augmenter la dose, de la dépendance aussi, lorsque le patient ne peut plus s’en passer sous peine de sombrer dans le coma. Ces travers ont entraîné une surconsommation de médicaments encouragée par l’industrie pharmaceutique. Comme le remarque J.C. Dousset, le médicament est devenu un véritable bien de consommation, le plus grand, toujours le plus chargé d’espoir, parfois le plus lourd de déception. Cela incite donc, et l’auteur ne l’oublie pas, à beaucoup d’humilité et de modestie. Quel sort les générations futures réserveront-elles à l’antibiotique, cette panacée du XXème siècle, dont l’usage est aussi polyvalent que celui de la légendaire thériaque ? J.C. Dousset a raison d’affirmer qu’un jugement impartial
demande quelque recul et de rappeler que le thérapeute brûle souvent ce qu’il a adoré.
L. Plouvier

Arnold ELOY (1985)

Oud landbouwgereedschap. Nederlandstalig bibliografisch en ikonografisch bronnenmateriaal voor het inventariseren van het landbouwgereedschap in Vlaanderen, periode 1850-1914. Een handleiding, Gent, 2e édition. 801 p., ill., index français, anglais, allemand.

Pour avancer, l’histoire a besoin d’instruments de travail. Les réaliser
est toutefois long, difficile et généralement ingrat. Nous ne pouvons donc
qu’applaudir la parution, ou plutôt la réédition, car le premier tirage fut immédiatement épuisé, de l’ouvrage d’Arnold Eloy.

L’auteur nous fournit ici « plus de 2.150 références bibliographiques et
iconographiques en langue néerlandaise, servant à répertorier l’outillage rural en Flandre de 1850 à 1914 ». Son but est clair : aider les conservateurs de musée dans leur travaux d’inventaire. Son ouvrage est toutefois bien plus qu’une bibliographie. A. Eloy nous fournit ces données bibliographiques et iconographiques classées par outil ou machine, et précédées chaque fois par une description de cet outil ou machine, de sa destination et de son emploi, l’appellation en français, anglais et allemand, les dénominations dialectales néerlandaises, la nomenclature internationale de Chenhall. La plupart des notices sont de plus accompagnées d’une ou plusieurs illustrations. Ses références renvoient à la page de l’ouvrage ou de l’article où l’objet considéré est décrit ou illustré. Dans un premier chapitre de plus de soixante pages, l’auteur nous donne finalement une introduction générale sur les sources bibliographiques et iconographiques utilisables.

Il est évident que dans un travail d’une telle ampleur, on peut trouver des
imperfections, peut-être même une erreur, mais elles n’empêchent en aucune façon Oud landbouwgereedschap d’être un ouvrage de référence réellement indispensable, que tout chercheur ou amateur se doit de posséder.

Commande : virement de 2.300 FB + 200 FB (expédition) = 2.500 FB au compte 001-1265679-02 de A. Eloy, Groot-Brittanniëlaan 43, B-9000 Gent.
Pour l’étranger : paiement exclusif par mandat de poste international ou euro- chèque barré.
J. David

[1 Bull. Soc. roy. Bot. Belg. 119, fascicule 1 (sous presse).

[2Lors de la séance du 2 avril 1986.

[3C’est dans d’autres circonstances qu’un an plus tôt, le 4 septembre 1870, Napoléon avait
traversé Liège en train spécial : il se rendait à son lieu de captivité, le chateau de Wilhelmshöhe.

[4Franceschini Pietri, le secrétaire attitré de Napoléon III, avait accompagné celui-ci à Wilhelmshöhe, puis, le 19 mars 1871, en Angleterre.

[5 Il n’était pas question d’incognito lors du premier séjour d’Eugénie de Montijo à Spa, en
1849, quatre ans avant son mariage avec Napoléon III.

[6Pages de l’édition posthume de 1656, mais le fait est déjà mentionné dans l’édition de 1627.

[7Pages citées d’après la onzième édition, de 1743.

[8 Pages citées d’après la onzième édition, de 1743.



















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