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DOCUMENTS ANCIENS RELATIFS AUX BATRACIENS ET REPTILES EN BELGIQUE (*)

IV. - Une pluie de grenouilles à Tournai en 1625
et le génie biologique de John Ray

Georges H. PARENT
Docteur en Sciences biologiques

Résumé

La pluie de grenouilles observée en 1625 par Libert Froidmont aux portes de
Tournai fut analysée critiquement par John Ray, dont le génie biologique apparaît magistralement à cette occasion. C’est une vraie page d’anthologie des sciences biologiques.

Samenvatting

De kikvorsregen in 1625 door Libert Froidmont aan de poorten van Doornik waargenomen, werd door John Ray critisch ontleed, gelegenheid die zijn meesterlijke biologische begaafdheid doet te voorschijn komen. Het is een echte bloemlezing van de geschiedenis van de biologische wetenschappen.

Abstract

A frog rainfall was observed in 1625 by Libert Froidmont at the gates of Tournai. The fact was critically studied by John Ray. His genius for biology appears obviously at this opportunity, and the pages he wrote constitute a splendid text for an anthology of the history of biology.

En 1625, Libert Froidmont (= Fromont = Fromondius) aurait observé une
pluie de grenouilles aux portes de Tournai. C’était un théologien [Haccourt, prov. de Liège, 1587 - Louvain, 1653] qui s’occupa de physique, de mathématiques et de météorologie. Ses commentaires sur les textes sacrés furent publiés après sa mort (De Seyn 1935-1936).

C’est dans un ouvrage consacré aux phénomènes météorologiques, où
il est surtout question du passage d’une comète en 1618 et des pluies rouges observées à Bruxelles le 6 octobre 1546, qu’il fait état de cette pluie de grenouilles (pp. 402-406) [6] :

« Quid contra tam per frictos testes facimus ? malo credulus, quàm rixolus
esse. Imó dum ego conscientiam meam excutio, prope sum, ut idem anno
elapso 1625, ad portas Tornacenses expertum me affirmen, rem autem
tuncaminis, qui aderant, ostendi, ut mitarentur mecum. Deciduo enim in aridissimum pulverum repentino imbre, tantus subitó ranunculorum, per siccum saltantiù, exercitus exstitit, ut undique paene aliud cerneretur, omnes etia uniusmodae magnitudinis, & coloris erant, nec profectó apparebat, è quibus latibulis, tot myriades tam repentè in arentem, qualem oderunt, terrà emicuiscent. Dicamus ignitur, ut ex luto Nili mures ita effigiantur, ut absóluta primore corporis patte, novissima effigies etiamnu terrena visatur ; sic ex spiritu & more aquae coelestis pulveri alicui, con omni fide delictu, sed certo, contemperatis, gyrinulos, imó renunculos perfecti operis, posse extempló conformari. Sic enim etiam greges murium in Belgio quandoque proceari docer piussimus & eruditissimus Vir, Thomas Cantipratanus, lib. 16 de Natura Rerum, qui nequedum publicam vidit lucem ».

(*) Voir Technologia 6(4) : 121-127 (1983), 7(1) : 5-10 et 7(4) : 99-106 (1984).

[1 Bull. Soc. roy. Bot. Belg. 119, fascicule 1 (sous presse).

[2Lors de la séance du 2 avril 1986.

[3C’est dans d’autres circonstances qu’un an plus tôt, le 4 septembre 1870, Napoléon avait
traversé Liège en train spécial : il se rendait à son lieu de captivité, le chateau de Wilhelmshöhe.

[4Franceschini Pietri, le secrétaire attitré de Napoléon III, avait accompagné celui-ci à Wilhelmshöhe, puis, le 19 mars 1871, en Angleterre.

[5 Il n’était pas question d’incognito lors du premier séjour d’Eugénie de Montijo à Spa, en
1849, quatre ans avant son mariage avec Napoléon III.

[6Pages de l’édition posthume de 1656, mais le fait est déjà mentionné dans l’édition de 1627.

[7Pages citées d’après la onzième édition, de 1743.

[8 Pages citées d’après la onzième édition, de 1743.



















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