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LES MINES DU PAYS DE LIEGE
DANS LES PAPIERS
DU SAVANT FRANÇAIS
JEAN HELLOT (1685-1766)

Doru TODERICIU
Chargé de recherches du CNRS,
Centre Alexandre Koyré (Paris)

Samenvatting

De Franse scheikundige Jean Hellot werkte mee aan de voorbereiding
van het Besluit van 1744, dat vaste regels voor de exploitatie van steenkolenmijnen invoerde. Uit een onderzoek van de in de Bibliothèque Municipale te Caen bewaarde papieren van Hellot blijkt dat diens werk onder meer steunde op een diepgaand onderzoek naar de omstandigheden waarin in de streek van Luik de mijnen uitgebaat werden.

Abstract

Jean Hellot, french chemist, took part in the preparation of the decree of 1744 which established the precise rules regarding the exploitation of coal mines. The study of Hellot’s papers, held in the Bibliothèque Municipale of Caen, reveals that the chemist has established his work particularly on a careful inquiry into the conditions of exploiting coal in the region of Liège.

Savant d’envergure internationale, pensionnaire chimiste de
l’Académie royale des Sciences de Paris, membre de la Société Royale
de Londres, correspondant du célèbre savant et collectionneur scientifique anglais Hans Sloane et des réputés spécialistes allemands en métallurgie Schlutter, Born et Lehmann, Jean Hellot (1685-1766)
occupa une place centrale dans ce que l’on pourrait appeler - en termes modernes - la politique de la science en France, au XVIIIème siècle [43].

Conseiller officiel des grands commis de l’Etat, tels les Contrôleurs généraux des Finances Orry (1730-1745), Machault (1745-
1754), Boullongne (1757-1759) et Bertin (après 1759), le Ministre
Rouillé (1749-1754) et l’Intendant des Finances Daniel-Charles
Trudaine (1744-1769), Jean Hellot occupa une position centrale dans
l’administration « scientifique et technique », si l’on peut dire, des applications pratiques de la chimie, des constructions industrielles (bâtisses fonctionnelles, laboratoires et outillages), de la prospection et de l’extraction minières et de la métallurgie.

Il cumula ainsi, après 1739, les charges d’Inspecteur Général
des Teintures du Royaume et de Conseiller du Contrôle général des
Finances avec celles de chargé du contrôle des essais de l’or et de
l’argent à la Monnaie, de Conseiller du Bureau de Commerce et de responsable de la fabrication des Manufactures de porcelaine de Vincennes et de Sèvres (Sèvres, après 1756, date de cessation de l’activité à Vincennes). Commissaire de l’Académie des Sciences (dont il fut à deux
reprises Directeur et Sous-Directeur), pour les problèmes touchant à la
chimie, aux teintures, à la production textile, aux arts du feu et aux arts en général, Jean Hellot laissa l’empreinte de sa forte personnalité scientifique non seulement dans le domaine de la chimie qu’il enrichit par la découverte de l’aniline (alors anil), en 1749 et par celle du papier photosensible, en 1737 (à côté de ses recherches sur le zinc et quelques alliages métalliques), mais aussi dans celui de la législation de l’extraction minière.

Dans ce domaine de grande actualité économique à l’époque
et qui devait susciter - à travers une polémique historique - la mise en
place, en France, d’une première législation moderne de l’extraction du
charbon de terre, le Pays de Liège et certains de ses problèmes économiques entrèrent dans les préoccupations du savant. Cela fut dû d’ailleurs aux activités d’un savant liégeois, dont Jean Hellot étudia et apprécia les ouvrages et dont il fut l’admirateur et le correspondant avant 1737 - à une époque où lui-même n’était qu’un « journaliste » (car rédacteur de la Gazette de France) amateur de chimie. Bachaumont (1778) écrivit à propos de cette activité de jeunesse de Jean Hellot : il avait été chargé de la composition de la Gazette de France et ajoute par la suite : ... cette Gazette, a ce qu’on prétend, étoit devenue très intéressante entre ses mains.

[1 Communication présentée au Colloque international Histoire des sciences dans l’Ancien Pays de Liège, Hommage à Marcel Florkin (1980), organisé au château de Colonster par MM. P. Laszo et R. Halleux de l’Université de Liège.

[2 Radulphe, lettre n° 5, Tannery-Clerval Astrolabium misissem vobis judicandum, sed est nobis exemplar ad alliud construendum : cujus de scientia si quid affectatis, ad missam sancti Lan(berti) non vos pigeat advenire. Forsitan non penitebit : alioquin videre tantummodo astrolabium non magis iuvabit quam « lippum pictae tabulae, fomenta podagrum ».

[3 B.R. 5649-67, IX-Xème siècle (Calcoen, 167) peut-être amené par l’abbé Olbert.

[4 Catalogue d’Anchin, n° 45 medicinalis versifice.

[5 B.R. 2419-31 (Calcoen, 56), cf. Thomas (1896) n° 17, Lacombe (1939) n° 169. Un médecin du Val-Saint-Lambert nommé Stephanus est mentionné entre 1200 et 1256 (Vercauteren, 1951).

[6 B.R. 2034-35 (Calcoen, 49), f. 159v-162v, S. XII, Cf. Van den Gheyn, I (1901), n° 388, C. Gaspar, F. Lyna, Manuscrits à peintures, I (1937), (n° 2a).

[7 Heriger, Gesta, MGH, SS, VII. 166.

[8Boece, De Consolatione philosophiae, II, 9 Tu numeris elementa ligas, ut frigida flammis, arida conveniant liquidis. Commentaires édités par W. Moll, « Bisschop Adelbold’s commentaar op een metrum van Boethius » dans Kerkhistorisch archiev verzameld door N.C. Kist en M. Moll, III, Amsterdam, 1862.

[9 S. Balau (1902b) reproduit la notice de Hyacinte Van der Meer, Bibliotheca scriptorum leodiensium, ms. BR 17639, Leonardus Belarmie monachum induit in monasterio sancti Jacobi Leodiensis vir studiosus et eruditus, scripsit non spernenda volumina de quibus
feruntur subjecta. De curatione podagrae lib. I qui ita incipit « Podagra est infirmitas pedum ».
Dicavitque Nicolao de Jardino. De regimine conservandae sanitatia lib. I Qui sic exorditur « ln vere cave frigus ». De diversis cibariis conficiendis lib. I Peste obiit anno 1401.

[10 Leyde, Bibliothèque Universitaire. BPL 191 C, s. XV. f. 135r-140v. Extracta ex libris medicinalibus.

[11 Leyde, ms. cit., f. 141 r-154v De regimine conservandae sanitatis.

[12 Darmstadt 435, f. 1r-75v De podagra.

[13 Pour le présent exposé, on se contentera d’établir la concordance entre les mss de L’abbaye et les citations du De podagra.

[14 Cité De podagra, f. 3v et 4r.

[15 Cité De podagra, f. 35v.

[16 Cité De podagra, f. 34r.

[17 Ms. Darmstadt 329.

[18 Cité De podagra, f. 10r.

[19 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[20 Ms. Wolfenbüttel 51. 1 Aug. 2°.

[21 Ms. Darmstadt 501.

[22 Ms. Darmstadt 2640.

[23 Cité De podagra, f. 14r.

[24 Ms. Darmstadt 2640.

[25 Cité De podagra, f. 4r.

[26 Cité De podagra, ff. 5r, 22v, 46v.

[27 Ms. Wolfenbüttel 51.1. Aug. 2°, cité De podagra, f. 48r.

[28 Ms. Darmstadt 319, cité De podagra, f. 4r.

[29 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[30 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[31 Ms. Darmstadt 2284.

[32 Ms. Darmstadt 329.

[33 Mss. Darmstadt 329 et 2640.

[34 Mss. Darmstadt 329 et 501 ; cité De podagra, f. 48r.

[35 Ms. Darmstadt 329.

[36 Ms. Darmstadt 501.

[37 Ms. Darmstadt 753 ; cité De podagra, f. 66v.

[38 Ms. Darmstadt 501 ; cité De podagra, f. 327r.

[39 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[40 Cité De podagra, f. 17r.

[41Ms. Darmstadt 319, cité De podagra, ff. 6r, 7v, 14v, 48r. Aussi Darmstadt 501.

[42 Cité De podagra, f. 27r, 66v.

[43Communication présentée au Colloque international Histoire des sciences dans l’Ancien Pays de Liège, Hommage à Marcel Florkin (1980), organisé au château de Colonster par MM. P. Laszlo et R. Halleux de l’Université de Liège.

[44 Certains critiques considèrent qu’au moins une partie du troisième volume aurait été rédigée par Foullon.

[45 Les papiers de Jean Hellot (Bibliothèque municipale de Caen) constituant dix cahiers
manuscrits (4259 pages, 8552 notes et observations) ne représentent qu’une partie de tout ce que le savant avait extrait et compulsé sur les questions techniques et administratives liées à l’exploitation des mines et comprennent 1447 notes et observations se rapportant à des problèmes de géologie, minéralogie et travaux miniers, soit 17 % du total de ses notes et observations. On doit d’ailleurs leur ajouter les registres manuscrits MS 2755 et MS 2756 de la Bibliothèque Mazarine de Paris, recueils de documentation de Jean Hellot et qui contiennent des notes et des observations touchant aux mines, à
l’extraction minière et à la métallurgie. Les problèmes de la législation minière (ancienne et courante) y sont bien représentés.



















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