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Cette même année, Van Monckhoven avait d’autres préoccupations, puisqu’elle marque le début de son association avec le photographe Emil Rabending. Ce dernier jouissait déjà d’une certaine réputation auprès de la haute société viennoise. D’abord établi dans le quartier
populaire de Leopoldstadt, à la Taborastrasse, 18, son succès lui permit
d’annoncer à sa clientèle qu’il déménagerait dans le beau quartier de
Wieden en janvier 1867. La capitale austro-hongroise était alors considérée comme une place importante pour la qualité des photographes qui
y opéraient. Van Monckhoven voyait sûrement là de plus grandes possibilités que dans son pays natal. Son association avec Rabending, qui
dura jusqu’à l’automne de 1870, lui permit de mettre en pratique le fruit
de ses recherches.

Fig. 3. - L’atelier de Rabending et Van Monckhoven à Vienne, gravure sur bois.

A cette époque, la grande majorité des ateliers de photographie étaient installés dans les combles de maisons construites de façon
inappropriée. Par contre, l’atelier Rabending-Van Monckhoven dans la
Favoritenstrasse, 3, était conçu spécialement pour répondre à toutes
les exigences nécessaires à la réalisation de portraits dans des conditions optimales (fig. 3). La construction de l’atelier se rapprochait de
celle connue sous le nom de « Tunnel », en faveur depuis 1863, mais avec quelques modifications pour obtenir de meilleures conditions
d’éclairage. Un autre aspect particulier qui contribuait sans doute à attirer une clientèle de « bon ton », parmi laquelle figurait l’Impératrice, était
la conformation de l’ensemble. Un visiteur de l’époque en donnait la description suivante (B.B.P., 1868) : L’établissement forme une construction
à un étage : le cabinet vitré occupe le premier : tout le bâtiment est isolé au
milieu d’une vaste cour accessible aux voitures. Ce qui frappe d’abord le
regard, c’est un mur élevé où l’on a peint en teinte neutre une vigoureuse
perspective qui représente l’extrémité d’une allée de forêt : cet endroit est
destiné à la reproduction des équipages et des portraits équestres.
Cet
endroit servait également à faire des portraits de groupe, tel que celui de
la fig. 4.

Fig. 4. - Rabending et Van Monckhoven : Portrait de groupe (c. 1867), tirage albumine, 90 X 139 mm.

Van Monckhoven trouva encore le temps, pendant son séjour,
de présenter à la Société Photographique de Vienne plusieurs mémoires, dont le plus remarquable est intitulé « Agrandissements à la lumière
artificielle ». Ces recherches étaient surtout dictées par la nécessité
d’assurer une utilisation plus rationnelle du matériel de l’atelier en se
libérant de la dépendance de la lumière solaire, et assurer ainsi une meilleure rentabilité aux deux agrandisseurs qui y fonctionnaient en permanence. L’association avec Rabending avait probablement accentué le
désir de Van Monckhoven de rentabiliser ses connaissances techniques et de passer au stade industriel.

Dès son retour à Gand, il fonda une manufacture spécialisée
dans la fabrication de papiers photographiques au charbon, dont l’inaltérabilité répondait à son souhait d’offrir un produit de première qualité.
Peu de temps après, il commença à diversifier cette fabrication, en
l’étendant à d’autres émulsions, telle la gélatine.

Entretemps, Van Monckhoven avait fait la connaissance de
Hortensia Tackels [10]
et ils décidèrent d’unir leurs destinées. Le
mariage fut célébré le 12 décembre 1872 et, de cette union, naîtront
deux filles [11].

[1 Steekkar uit Grimbergen (Museum voor de Oudere Technieken, inv. nr V. 80.18).

[2 Karretje uit Meise. Gebouwd om een lichte elektrische motor te verplaatsen voor een
beerpomp, een koekenbreker, e.d. (Museum voor de Oudere Technieken inv. nr. B. 81.3).
Zo’n motor werd ook vaak op een draagberrie bevestigd. Zie b.v. het eksemplaar van het
Museum voor de Oudere Technieken (inv. nr. V. 81.11).

[3 Benoit, 1863 : 2.869 merkt op « un ouvrier peut sans fatigue travailler sa pleine journée
à des transports faits à l’aide de cet engin ».

[4 Malouin, 1767. Ook de benamingen van de steekkar wijzen op een jonge ouderdom. In
vele talen heeft men zeer laat een bestaande term, die een ander voertuig aanduidde,
overgenomen. Merkwaardig is dat het Franse woord « brouette » dat oorspronkelijk naar
twee wielen zou verwijzen, maar in feite voor de kruiwagen, met één wiel dus, gebruikt
werd, tot in de 19de eeuw de naam van de steekkar was, en dus opnieuw een voertuig
met twee wielen aanduidde.

[5 Het eksemplaar dat door dezelfde auteur getekend werd op p. 1090, heb ik niet gezien,
maar men mag zich afvragen of het hier wel om een steekkar gaat. Het zou ook een karretje kunnen zijn, dat, al wordt het vertikaal gehouden om er de zak gemakkelijk op te krijgen, horizontaal verreden werd.

[6 In de catalogus van H. & G. Rose is er sprake van een gewone steekkar met wielen van
gietijzer, en van een « brouette (= steekkar) silencieuse ..., roues en caoutchouc ». Laatstgenoemde hebben als voordeel « de ne pas écraser les grains, de ne pas abîmer les parquets et de ne pas faire de bruit ».

[7 De oudste sporen van het bestaan van de snijpasser b.v. dateerden van de 18de eeuw.
Dankzij één miniatuur werd bewezen dat het werktuig reeds in de 16de eeuw bekend was.
(David 1980).

[8 A cette époque, la plupart des chercheurs de renom dans le domaine de la photographie
étaient principalement orientés vers les problèmes que posait la reproduction de l’image
par des procédés photomécaniques, comme l’héliogravure, la photolithographie et la
phototypie. Il est donc assez étonnant de constater le manque d’intérêt de Van Monckhoven à cet égard. Pour la 7e édition de son « Traité », il alla jusqu’à solliciter la collaboration du français Léon Vidal pour la rédaction de ce chapitre particulier.

[9 Ce prix fut porté plus tard à 3.000 francs, selon le catalogue publié à Gand en juin 1880.

[10 Selon toute vraisemblance, l’épouse de Van Monckhoven avait un lien de parenté avec
D. Tackels, également fabricant de plaques et papiers photographiques, établi à Gand. Il
est toutefois certain qu’après le décès de Van Monckhoven, son épouse continua avec
succès la gestion de la firme (Roosens, 1974).

[11 Il pourrait s’agir d’un second mariage, car certains indices nous font croire à l’existence
de deux enfants, un fils et une fille, lorsque Van Monckhoven était établi à Vienne

[12 Dans son catalogue, en date de juin 1880, la maison Van Monckhoven proposait aux photographes son émulsion sèche en paquets de 100 grammes au prix de 32 Frs. et également des plaques sèches prêtes à l’emploi à des prix variant de 4 à 60 Frs. la douzaine,
selon dimensions.



















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