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Ce moulin comportait 16 maillets et produisait près d’un million
de feuilles de papier par année. L’eau du Mühlenbach y était amenée par
une conduite en bois de cent mètres de longueur.

Il y avait à Mühlenbach un troisième moulin. Il fut construit par
la veuve de Joseph Antoine Pescatore en 1756 et fut dénommé « Moulin
de Saint-Hilaire » (l’ancien nom de Mühlenbach étant Hillerdall). Il était
équipé d’une batterie de 16 maillets ; sa production atteignait également
un million de feuilles par an. Le bâtiment fut sérieusement endommagé
lors du siège de la ville de Luxembourg et la fabrication cessa en 1815.
Les Pescatore étaient propriétaires de plusieurs moulins à Mühlenbach
et notamment de deux moulins à tabac.

On avance généralement le chiffre de douze moulins pour la vallée du Mühlenbach : moulins à papier, à tabac, à grains. Les faïenceries
utilisaient également l’eau de la rivière comme force motrice. Cette dernière industrie est encore florissante à l’heure actuelle.

Tous ces moulins installés sur le même cours d’eau furent souvent à la base de multiples contestations entre les différents propriétaires. Ce fut une des raisons qui incitèrent certains meuniers à acquérir
une machine à vapeur. La première de ces machines au Luxembourg fut
installée par J. H. Michel dans la vallée du Mühlenbach.

Revenons un instant à la famille Lamort. Jacques Lamort né à
Metz le 20 novembre 1785 était fils de Claudius Lamort, imprimeur à
Metz puis à Luxembourg depuis 1803. Il reprit le commerce de son père
puis l’abandonne après quelques années à son associé Bruck et se
lança ensuite dans la fabrication du papier par l’achat du moulin de
Mühlenbach en 1815. Par la suite la famille Lamort racheta les moulins
de Lamouline (Neufchâteau), Stockem, Saint-Léger et Mainbotel. En
1828, Jacques Lamort crée l’usine de Clausen (fabrique de papiers-peints) qu’il transfère ensuite à Senningen où il avait acheté la papeterie
Funck. Cette papeterie de Senningen avait été fondée par octroi du 3
septembre 1723. Il s’agissait d’un des plus anciens moulins du pays. Cet
octroi fut renouvelé le 27 octobre 1750 en faveur de Pierre Bourgeois.

En 1838, Jacques Lamort vend son usine de Mühlenbach à la
firme Villeroy-Bosch et fonde l’usine de Manternach. En 1845, il place
ses fils Jules et Léon à la tête de Manternach et Senningen. Cette dernière usine occupait près de 200 personnes. Il prend alors en location
la faïencerie de J. H. Dondeliger à Echternach et introduisit au Luxembourg la première presse d’imprimerie mécanique.

Jacques Lamort joue aussi un rôle important dans la vie publique de son pays et peut être considéré comme un industriel de premier
plan. Infatigable et toujours soucieux de l’intérêt de ses ouvriers, il
contribue au bien-être de son personnel. Rappelons ici que les ouvriers
typographes du grand-duché de Luxembourg furent les premiers à être
syndiqués.

Il nous faut aussi dire quelques mots de la papeterie de Wiltz.
Elle se situait dans la vallée de la rivière du même nom, affluent de la
Sûre, près du lieu-dit Winseler. C’est une des plus anciennes du grand-
duché car elle existait déjà en 1674. Sa date de fondation est inconnue.

Le comte de Custine de Wiltz donna le moulin en location à Jean
Simon et à son épouse Béatrice Antoine de Longwy-Bas pour une
période de dix ans et ce, à titre d’essai. Jean Simon était redevable au
comte d’une somme de 40 thalers 8 schillings (soit 185 francs-or) par
an. Le comte fournissait le bois de chauffage nécessaire et s’engageait
à maintenir les bâtiments en bon état.

Les Simon habitèrent la région de Wiltz pendant de nombreuses années et parvinrent à des situations aisées.

La papeterie de Wiltz réalisait des papiers d’écriture de très
bonne qualité jusqu’en 1840. C’est sous le régime français qu’elle se
spécialise dans la fabrication des cartons pour cartes à jouer et pour le
lissage des tissus.

L’usine fut plus tard transformée en moulins à grains et à écorces. On y adjoignit une tannerie. A ce jour, plus rien n’existe des bâtiments en question.

[1 Parijs, B.N. ms. fr. 12.330 f° 214 v°. Over de hoefstal zie David, 1981.

[2 William Marples & Sons, Sheffield, Price List 1909 : 130 nr 4514.

[3 Lafosse (1771) raadt de leerjongen aan met het veegmes op dode paarden te oefenen.

[4 Hoewel Lavalard (1919) schrijft dat het veegmes in dat land niet gebruikt wordt.

[5 Praha, Univ. bib. cod. XVII A 53/b f° 233.

[6 Maison Dutry-Colson, Gent, Catalogue général du petit outillage, n° 610, 480 (1911).

[7 Museum voor de Oudere Techniekden. inv. nr 81.103.



















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