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Le XVIIème siècle

Au XVIIème siècle, la pierre et la maçonnerie ont partout remplacé le bois comme matériau constitutif des conduites d’adduction vers les
réservoirs, l’alimentation des 80 pompes et fontaines étant essentiellement en plomb. Un quartier luxueux s’érige autour du Parc de Bruxelles
sous le règne des Archiducs Albert et Isabelle. On éprouve les plus grandes difficultés à l’approvisionner en eau potable étant donné son altitude
 : les puits doivent être creusés profondément mais on manque de moyens suffisants pour relever l’eau ainsi captée. Müller, mécanicien
d’Augsbourg, est chargé en 1601 de créer ce qui sera l’embryon d’une véritable distribution. Il dérive une partie des sources du Broebelaer
(petit affluent du Maelbeek avec un débit moyen de 1000 m3/jour) à la cote 51, c’est-à-dire plus bas que le quartier à alimenter et qu’il faudra
donc relever. Il dirige ces eaux au travers d’une conduite de bois vers une citerne maçonnée dite du Broebelaer d’où une conduite de poterie de
0,15 m de diamètre et de 2150 m de long les amènera dans une chambre cubique de 2 m de côté sise en aval de l’étang du Hoey-Vyver. Müller
transforme le moulin en s’inspirant de machines existant à Nüremberg et Augsbourg et dont le principe remonte à la Chine antique : la noria. Il se
sert de la chute d’eau entre deux étangs consécutifs pour actionner la roue à palettes de l’ancien moulin, l’arbre de couche de celui-ci comporte
quatre excentriques qui actionnent autant de pompes à piston qui refoulent l’eau de la citerne à 45 m de hauteur au travers d’une conduite de
640 m de long (partie plomb et partie aqueduc maçonné) vers la Tour Bleue transformée en réservoir (cette tour faisait partie de la deuxième
enceinte de Bruxelles et se trouvait près de l’actuelle Porte de Louvain). De là partent deux canalisations de plomb de 0,60 m de diamètre qui se
ramifient dans le quartier du Parc pour desservir les riches habitations et les fontaines décoratives. Un règlement est rédigé aux termes duquel
tout particulier pourra, contre redevance de 15 francs l’an, recevoir une "tonne" (15 hl) d’eau par jour qui sera emmagasinée dans une citerne
appropriée étant donné que la fourniture ne se fait qu’une fois par décade voire une fois par mois.

En 1605, Müller retourne dans son pays à la suite de plusieurs intrigues de Cour. Un "expert" allemand avait notamment été désigné pour
inspecter sa Machine ; il déclara que Müller avait fait preuve de légèreté et de négligence dans son travail. Cette machine ne cessa cependant
de fonctionner pendant deux siècles et demi ! La garde des installations fut alors confiée au fontainier de la Cour : c’est la première fois que le
terme est employé, aussi peut-on y voir l’origine de l’appellation de nos actuels spécialistes en la matière.

Si les riches habitants du quartier du Parc peuvent se montrer satisfaits du nouveau système de distribution d’eau, il n’en est pas de même pour
ceux de la cuvette de Bruxelles dont les ressources se restreignent en même temps que les constructions sortent du sol : les industriels et les
bourgeois font alors creuser des puits à l’endroit le plus favorable : au pied de la colline qui prendra le nom de Putterie eu égard au nombre
d’installations forées à cet endroit. De ces puits, des tuyaux de plomb desservent chacun des utilisateurs.



















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