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Le présent article n’est pas un historique détaillé de tout ce qui se rattache à la distribution des eaux à Bruxelles, il n’a pour seule ambition que
de tracer un schéma de l’évolution des pensées et des techniques avant les grandes réalisations du XXème siècle.

Bruxelles, cette grande dame respectable aux ambitions non dissimulées de capitale internationale, fête cette année son millénaire. Assez
paradoxalement, comme la plupart des grandes villes occidentales, elle se soucia assez peu des problèmes de distribution d’eau au cours des
siècles, et ce n’est que dans la seconde partie du XIXème siècle qu’elle se dota enfin d’un réseau qui, bien qu’il servit d’exemple un peu partout
en Europe, n’en était pas moins très imparfait et, en tout état de cause, ne s’écartait guère de ce que les Romains avaient créé 2.000 ans auparavant.

Il est en effet difficile d’imaginer que des villes comme Paris, Londres ou Bruxelles n’aient pas été plus tôt sensibilisées par le problème
d’alimentation en eau potable de leurs citoyens, alors que les Perses, les Assyriens, les Egyptiens et les Grecs avaient déjà trouvé le
moyen de puiser, d’élever, d’adduire et d’emmagasiner l’eau.

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que, au début de notre ère, les Romains alimentaient leur ville (900 fontaines) au moyen de 12
gigantesques aqueducs qui amenaient l’eau pure des Apennins dans les réservoirs de tête de distribution : de là une série de tuyaux
spiriformes de plomb allaient desservir les différents destinataires. Aucun branchement n’était greffé sur ces canalisations : à chaque
départ correspondait un seul utilisateur.

Les origines

Qu’il faisait bon vivre au début de notre ère, dans le site qui vit naître notre grande ville : une forêt accueillante et giboyeuse, une rivière
fraîche et limpide, la Senne. Il n’est donc pas extraordinaire de voir les premiers Bruxellois se fixer dans l’île St-Géry, formée par deux bras
du cours d’eau, et se répandre sur le versant est de la vallée, plus sablonneux, sillonné de rapides ruisseaux, émaillé de nombreux étangs.

Si les premiers habitants n’éprouvent aucune difficulté à se procurer de l’eau potable à suffisance - les puits creusés à faible profondeur
dans les alluvions de la Senne fournissant en abondance une eau parfaitement limpide - dès le VIIème siècle, des problèmes surgissent
dus à l’expansion de la cité. Celle-ci trouble les sources que l’on est alors obligé de capter et de diriger vers des fontaines publiques au
moyen de canalisations de chêne (certains éléments ont été retrouvés lors de travaux, notamment rue des Alexiens).

Une des plus anciennes fontaines dont on ait retrouvé trace est celle dite des trois Déesses ou des trois Pucelles, qui fut érigée à la fin du
Xème siècle au Marché au Bois, dont l’emplacement actuel se situe au Marché aux Poulets, en face de l’église St-Nicolas. Elle commémorait
une légende qui s’était attachée aux trois petites-filles de Sir Hughes, un des sept seigneurs fonciers de Bruxelles.

Au cours de ce siècle, les premiers ouvrages pour capter, adduire et emmagasiner l’eau potable se dégradent rapidement et sont remplacés
progressivement par d’autres plus résistants : les puits, bassins et réservoirs par de la maçonnerie et les tuyaux de bois par le plomb ou la poterie.



















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